Donnée-clé : le syndrome douloureux du grand trochanter (dont la tendinite de la hanche est la forme la plus courante) touche 10 à 25 % de la population dans les pays développés, avec une nette prédominance féminine (60 à 80 % des cas). La durée de guérison varie de 2-3 semaines pour une forme légère à 3-6 mois ou plus pour une tendinopathie chronique (Grimaldi et al., 2017, Br J Sports Med – PMID: 29182042).
Les délais de guérison selon la sévérité
- ✓ Forme légère (douleur à l’effort, pas de gêne au repos) : 2 à 4 semaines
- ✓ Forme modérée (douleur à la marche, raideur matinale) : 6 à 8 semaines
- ✓ Forme chronique (douleur installée depuis plus de 3 mois) : 3 à 6 mois, parfois plus
- ✓ La kinésithérapie ciblée reste le traitement avec les meilleurs résultats à long terme
Qu’est-ce qu’une tendinite de la hanche ?
La tendinite de la hanche (ou tendinopathie) correspond à une atteinte des tendons qui relient les muscles à l’os autour de l’articulation coxo-fémorale. Le terme « tendinite » (inflammation du tendon) est progressivement remplacé par « tendinopathie » dans la littérature médicale, car les études montrent que l’inflammation n’est pas toujours le mécanisme principal : il s’agit souvent d’une dégénérescence progressive des fibres tendineuses liée à une surcharge mécanique.
Plusieurs tendons peuvent être touchés, et la localisation de la douleur varie selon le tendon concerné. Le tendon du moyen fessier (gluteus medius) est le plus fréquemment atteint : la douleur se situe sur la face latérale de la hanche, au niveau du grand trochanter. Le tendon du psoas-iliaque provoque une douleur à l’avant de la hanche, irradiant vers l’aine. Le tendon du petit fessier (gluteus minimus) et la bandelette ilio-tibiale peuvent aussi être impliqués, parfois avec une douleur qui descend vers la cuisse.
Symptômes : comment reconnaître une tendinite de la hanche ?
Les symptômes de la tendinite de la hanche se développent progressivement. La douleur est d’abord ressentie uniquement pendant l’effort (montée d’escaliers, course, marche prolongée), puis peut apparaître au repos et perturber le sommeil, notamment quand vous vous allongez sur le côté atteint.
Trois signes orientent vers une tendinopathie de hanche : une douleur latérale à la pression du grand trochanter (signe le plus fréquent), une raideur matinale qui s’estompe après quelques minutes de mouvement, et une douleur qui s’accentue en montant les escaliers, en position debout prolongée ou en se relevant d’une chaise basse. La tendinite cuisse-hanche s’accompagne parfois d’une douleur irradiant vers le côté externe de la cuisse, ce qui peut être confondu avec une sciatique.
Pourquoi la durée de guérison varie autant ?
Plusieurs facteurs expliquent l’écart entre 3 semaines et 6 mois de récupération.
Le stade de la tendinopathie au moment du diagnostic est déterminant. Une tendinite réactive (surcharge récente, tendon encore intact) répond vite au repos et aux ajustements d’activité. Une tendinopathie dégénérative (installée depuis des mois, fibres tendineuses altérées) demande un travail de rééducation beaucoup plus long.
L’âge et le sexe jouent un rôle documenté. Les femmes ménopausées sont surreprésentées parmi les cas chroniques, probablement en raison de l’impact des variations hormonales sur la qualité des tissus tendineux. Les tendons perdent en élasticité avec l’âge, ce qui ralentit la cicatrisation.
La poursuite de l’activité responsable est le facteur de chronicisation le plus fréquent. Continuer à courir, à marcher de longues distances ou à dormir sur le côté atteint empêche le tendon de cicatriser et transforme une tendinite aiguë en tendinopathie chronique.

Tendinite de la hanche : que faire ?
Phase aiguë (2-4 premières semaines)
Le repos relatif est la première mesure : réduire les activités qui déclenchent la douleur sans immobiliser complètement la hanche. Éviter de dormir sur le côté atteint (un coussin entre les genoux soulage la tension sur le moyen fessier). L’application de glace (15 minutes, 3 fois par jour) aide à réduire la douleur. Un anti-inflammatoire non stéroïdien (ibuprofène, kétoprofène) peut être prescrit sur une courte durée pour soulager la douleur aiguë.
Phase de rééducation (4-12 semaines)
La kinésithérapie constitue le traitement de référence. Une revue narrative de 2025 a conclu que la rééducation ciblée offre des résultats supérieurs à long terme par rapport aux ondes de choc et aux infiltrations de corticoïdes, avec 60,5 % de résolution des symptômes à 15 mois (Al-Mohrej et al., 2025, Cureus – PMC12255468). Le programme associe renforcement progressif des muscles fessiers (exercices isométriques puis excentriques), étirements du psoas et de la bandelette ilio-tibiale, et travail de stabilisation du bassin.
Formes résistantes (au-delà de 3 mois)
Si la douleur persiste malgré la rééducation, le médecin peut proposer une infiltration de corticoïdes (soulagement rapide mais effet limité dans le temps) ou, plus récemment, une injection de plasma riche en plaquettes (PRP), dont les résultats à 2 ans semblent supérieurs aux corticoïdes dans les études comparatives. La chirurgie reste exceptionnelle et réservée aux tendinopathies avec rupture partielle confirmée à l’IRM.
Vos questions sur la tendinite de la hanche
Une tendinite de la hanche droite a-t-elle une signification particulière ?
Non. La tendinite de la hanche droite n’a pas de signification différente de celle du côté gauche. Le côté atteint dépend des contraintes mécaniques : jambe d’appui dominante, déséquilibre musculaire, habitude de dormir toujours du même côté. Si la douleur est bilatérale, un bilan plus approfondi peut être justifié pour rechercher un facteur systémique (rhumatisme inflammatoire, déséquilibre postural global).
Peut-on continuer le sport avec une tendinite de la hanche ?
Oui, mais en adaptant l’activité. Les mouvements à éviter sont la course sur terrain dur, les montées d’escaliers répétées et les exercices d’abduction contre résistance en phase aiguë. Le vélo, la natation et la marche modérée sur terrain plat sont généralement bien tolérés. La reprise sportive doit être progressive, guidée par la douleur : si l’activité provoque une douleur qui persiste plus de 24 heures après l’effort, l’intensité est trop élevée.
La tendinite de la hanche peut-elle guérir toute seule ?
Les formes légères (douleur uniquement à l’effort, apparue récemment) peuvent s’améliorer avec le repos et l’adaptation de l’activité. En revanche, une tendinopathie installée depuis plus de 6 semaines a peu de chances de se résoudre spontanément sans rééducation ciblée. Plus la prise en charge est précoce, plus la durée de guérison est courte.
Faut-il consulter un médecin pour une tendinite de la hanche ?
Une consultation est recommandée si la douleur persiste au-delà de 3 semaines malgré le repos, si elle perturbe le sommeil ou les activités quotidiennes, ou si elle s’accompagne de boiterie. Le médecin peut prescrire une échographie ou une IRM pour évaluer l’état du tendon et orienter vers un kinésithérapeute spécialisé.
Ce qu’il faut retenir
La durée d’une tendinite de la hanche dépend de sa sévérité et de la rapidité de la prise en charge : 2 à 4 semaines pour une forme légère, 6 à 8 semaines avec rééducation pour une forme modérée, 3 à 6 mois pour une tendinopathie chronique. La kinésithérapie ciblée (renforcement des fessiers, étirements, stabilisation du bassin) reste le traitement le plus efficace à long terme. La clé est d’agir tôt : adapter l’activité dès les premiers signes de douleur latérale et ne pas attendre la chronicisation pour consulter.
Cet article est à titre informatif et ne remplace pas un avis médical. Si vous souffrez de douleurs persistantes à la hanche, consultez un médecin ou un kinésithérapeute pour un diagnostic et une prise en charge adaptés.