Gare aux déficits mais aussi aux excès en vitamine D

Vitamine D

Nutrition infos

À partir de l’Étude nationale nutrition santé (ENNS), les chercheurs de l’unité de surveillance et d’épidémiologie nutritionnelle (Usen) de l’Institut de veille sanitaire (InVS)1 ont étudié la prévalence du déficit en vitamine D et ses principaux déterminants dans la population adulte vivant en France métropolitaine (échantillon de 1 587 adultes de 18 à 74 ans). Résultats : selon les normes de la Société américaine d’endocrinologie, l’insuffisance en 25-hydroxy vitamine D (25OHD < 30 ng/ml) concernait 80,1 % des adultes, 42,5 % présentaient un déficit sévère à modéré (< 20 ng/ml) et 4,8 % un déficit sévère (< 10 ng/ml). Les principaux déterminants de la concentration en 25OHD étaient la saison du prélèvement, la zone de résidence, le sexe, le lieu de naissance, le niveau d’éducation, le fait d’être parti ou non en vacances, la corpulence, le statut tabagique, le niveau d’activité physique et la sédentarité ; d’où l’intérêt de pratiquer régulièrement une activité physique en plein air. Les auteurs de l’étude soulignent par ailleurs que même un déficit modéré pourrait être un facteur de risque d’anomalies osseuses, d’ostéoporose, voire d’affections chroniques, comme les maladies cardiovasculaires ou les cancers.
Cependant, si un déficit en vitamine D s’avère dangereux, il pourrait en être de même pour une surcharge, selon une récente étude danoise parue dans The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism2. "Nous avons eu accès à des tests sanguins de près de 250 000 habitants de Copenhague. Si nous avons trouvé un taux plus élevé de mortalité chez les personnes ayant un faible niveau de vitamine D, nous avons aussi ? à notre grande surprise ? observé un taux plus élevé de mortalité chez celles ayant un haut niveau de vitamine D", explique Darshana Durup, l’une des scientifiques à l’origine de l’étude. Un résultat qui vient remettre en cause la non toxicité de la vitamine D, quelle qu’en soit la dose.


Références : 1- Vernay M, et al. Statut en vitamine D de la population adulte en France : l’Étude nationale nutrition santé (ENNS, 2006-2007). BEH n°16-17/2012.
2- Durup D,
et al. A Reverse J-Shaped Association of All-Cause Mortality with Serum 25-Hydroxyvitamin D in General Practice, the CopD Study. JCEM ; doi:10.1210/jc.2012-1176.


I.L.-D.


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