L’Oqali étudie la qualité de l’offre alimentaire française

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L’Observatoire de la qualité de l’alimentation publie une caractérisation de l’offre alimentaire en France. Composition des différentes gammes, avancée de l’étiquetage et composition nutritionnelle sont passées au crible. Grâce à une simulation théorique, les auteurs comparent également les apports nutritionnels des consommateurs adeptes des différents segments de marché.  

Depuis 2008, l’Observatoire de la qualité de l’alimentation (Oqali) étudie l’offre alimentaire française. Son objectif : caractériser la qualité nutritionnelle de l’offre alimentaire, aussi bien quant à l’information nutritionnelle disponible qu’à la composition des produits. Au total, des informations concernant plus de 16 000 produits répartis en 24 secteurs différents ont été recueillies entre 2008 et 2011.

Les produits nationaux proposent plus de variété

« Les produits de marques de distributeurs entrée de gamme présentent globalement une offre moins diversifiée avec des produits moins élaborés que ceux des autres segments de marché », notent les auteurs. Concrètement, cela se traduit par une moindre fréquence des produits allégés, de produits de qualité supérieure ou des gammes de produits des familles dites « gourmandes » dans les gammes des marques de distributeurs. Par exemple, au rayon charcuterie, les marques nationales proposent 33 % de jambons cuits supérieurs contre 15 % au sein des marques de distributeurs. Pour les céréales du petit-déjeuner, les marques nationales  proposeront davantage de produits de type muesli mais à l’inverse moins de céréales fourrées que les marques de distributeurs. Les confitures dont les teneurs en sucres sont les plus faibles sont également produites par les marques nationales. « L’offre des marques de distributeurs entrée de gamme se concentre sur les familles de produits « basiques » », concluent les auteurs.

Où en est-on de l’étiquetage ?

90 % des produits étudiés présentent un étiquetage nutritionnel, et 62 % des produits proposent un étiquetage détaillé. « 19 % des produits considérés possèdent au moins une allégation nutritionnelle (message suggérant qu’une denrée alimentaire possède des propriétés nutritionnelles bénéfiques : Exemple : « sans sucres ajoutés ») ; 3% une allégation de santé (message suggérant une relation entre la denrée alimentaire ou l’un de ses composants et un bénéfice sur la santé : Exemple : « calcium et croissance osseuse ») ; 40% un repère nutritionnel ; 64% une portion indiquée (portion conseillée pour le consommateur) et 52% des valeurs nutritionnelles par portion », précisent les auteurs. Les marques de distributeurs affichent plus fréquemment un étiquetage nutritionnel (global et détaillé), des repères nutritionnels, les portions et les valeurs nutritionnelles par portion. Les marques nationales se distinguent pour les allégations (nutritionnelles et santé).

Sucres, lipides, etc. : existe-t-il de fortes différences de composition ?

Valeur énergétique, et teneurs en lipides, glucides, protéines, acides gras saturés, sucres, fibres et sodium ont été évaluées et étudiées par les auteurs. « En considérant les données étiquetées, (…) des différences ponctuelles et non systématiques sont mises en évidence et aucune tendance transversales aux différents secteurs ne se dégage de l’analyse par couple famille et segment de marché », expliquent-ils. Par exemple pour les lipides, seules 7 % des produits testés présentent une différence significative. L’amplitude maximale observée concerne les lardons de porc dont la teneur moyenne en lipides est de 29,8 g/100 g pour les marques de distributeurs entrée de gamme et 19,9 g/100 g pour les marques nationales. Concernant le sucre, seuls 5 % des produits présentent une différence significative. La différence maximale est observée pour les coupes et spécialités glacées qui  présentent une teneur en sucres moyenne de 17,6 g/100g pour les marques nationales et 8,8 g/100g pour les marques de distributeurs.

Faut-il privilégier un segment de marché ?

Afin d’étudier l’impact des différents segments de marché sur le régime alimentaire de la population, les auteurs ont imaginé deux scenarii : un premier scenario maximaliste dans lequel le consommateur vouerait une fidélité totale à un segment de marché et un scénario de « forte fidélité » où seuls 60 % des achats du consommateur serait dédié à son segment de marché de prédilection. « Des différences significatives d’apports sont observées uniquement pour les protéines et dans les cas de fidélité totale », révèlent les auteurs. Ainsi, dans ce scenario, l’apport moyen en protéines seraient de 24,4 g/100g pour les afficionados des marques de distributeurs, 24 g/100 g pour les habitués des marques nationales et 22,2 % pour ceux qui privilégient les premiers prix. Dans le second scenario, aucune différence n’est détectable.

Source : Oqali. Caractérisation de l’offre alimentaire, par secteur et segment de marché. Édition 2015.