L’OMS appelle à réduire l’apport en sucres

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© Moyan Brenn - flickr

Selon de nouvelles lignes directrices, l’Organisation mondiale de la santé recommande de ramener l’apport en sucres libres à moins de 10 % de la ration énergétique totale chez l’adulte et l’enfant. Il serait encore meilleur pour la santé de réduire l’apport en sucres à moins de 5% de la ration énergétique totale, soit à 25 grammes (6 cuillères à café) environ par jour.

La plupart des sucres consommés aujourd’hui sont « dissimulés » dans des aliments transformés qui ne sont généralement pas considérés comme sucrés. Par exemple, une cuillère à soupe de ketchup contient environ 4 grammes (à peu près une cuillère à café) de sucres libres et une canette de soda en contient jusqu’à 40 grammes (environ 10 cuillères à café). Au niveau mondial, l’apport en sucres libres varie selon l’âge, la situation et le pays. En Europe, chez l’adulte, il évolue de 7-8% de la ration énergétique totale en Hongrie et en Norvège à 16-17% en Espagne et au Royaume-Uni. Chez l’enfant, cet apport est beaucoup plus élevé et compris entre 12% environ au Danemark, en Slovénie et en Suède et jusqu’à près de 25% au Portugal. Il y a également des différences entre zones rurales et zones urbaines.

Ramener l’apport en sucres à 10 % de la ration énergétiques totale

En 1989, le groupe d’étude de l’OMS recommandait pour la première fois de ramener l’apport en sucres libres à moins de 10 % de la ration énergétique totale. Cette recommandation a été développée lors d’une consultation d’experts de l’OMS et de la FAO en 2002. « Nous disposons de données fiables montrant qu’un apport en sucres libres inférieur à 10% de la ration énergétique totale réduit le risque de surpoids, d’obésité et de carie dentaire », explique le Dr Francesco Branca, directeur du département Nutrition pour la santé et le développement de l’OMS. Si les pays veulent honorer leur engagement de réduire la charge des maladies non transmissibles, il sera essentiel de modifier les politiques dans ce sens ».

Les « sucres libres » évoqués par l’OMS sont les monosaccharides (glucose, fructose) et les disaccharides (saccharose ou sucre de table) ajoutés aux aliments et aux boissons par le fabricant, le cuisinier ou le consommateur, ainsi que les sucres naturellement présents dans le miel, les sirops, les jus de fruits et les jus de fruits à base de concentré. Les lignes directrices de l’OMS ne concernent ni les sucres présents dans les fruits et les légumes frais ni ceux naturellement présents dans le lait. Ces recommandations sont considérées comme “fortes” par l’OMS.

Si possible, réduire davantage

Les nouvelles lignes directrices actualisées de l’OMS vont plus loin puisqu’elles préconisent de ramener l’apport en sucres libres à moins de 5% de la ration énergétique totale, si possible. Compte tenu de la nature des études existantes, cette recommandation est néanmoins présentée « avec réserve » suivant le système de l’OMS pour la publication d’orientations fondées sur des bases factuelles. L’OMS publie des recommandations avec réserve lorsque la qualité des données n’est pas suffisante. Sur ce point, seules trois études nationales en population (menées après la seconde guerre mondiale, période durant laquelle la consommation de sucres a fortement chuté) permettent de comparer l’incidence des caries dentaires lorsque l’apport en sucres est inférieur à 5% de la ration énergétique totale et lorsqu’il est supérieur à 5% mais inférieur à 10%.

La mise à jour des lignes directrices sur l’apport en sucres libres s’inscrit dans l’actualisation par l’OMS des objectifs relatifs à l’alimentation pour prévenir les maladies non transmissibles.

RF