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Que manger en cas de constipation : les aliments vraiment efficaces selon les études

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Expert Nutrition
Nutritionniste
Quoi manger en cas de constipation

Donnée-clé : une revue systématique portant sur plus de 75 essais cliniques (American College of Gastroenterology) identifie trois aliments validés contre la constipation chronique : 2 à 3 kiwis par jour, 8 à 10 pruneaux par jour, et le pain de seigle. L’effet se mesure après au moins 4 semaines de consommation régulière.

La constipation touche environ 20 % de la population adulte, avec une prévalence plus élevée chez les femmes. Avant de se tourner vers les laxatifs, l’alimentation offre des leviers concrets et mesurables. Encore faut-il savoir quels aliments privilégier, et dans quelles quantités.

François Duchamp, nutritionniste. Voici ce que les études cliniques confirment réellement sur l’alimentation anti-constipation, et comment l’adapter à votre situation.

Les aliments à intégrer en priorité

  • Kiwi vert (Hayward) : 2 à 3 par jour, l’aliment le mieux toléré selon les études récentes
  • Pruneaux : 8 à 10 par jour en cas de constipation marquée, 3 à 5 en entretien
  • Graines de lin ou chia : 1 cuillère à soupe trempée dans de l’eau ou du yaourt
  • Pain de seigle, céréales complètes, légumineuses pour l’apport quotidien en fibres
  • Eau minérale riche en magnésium en remplacement de l’eau du robinet

Comprendre pourquoi l’alimentation agit sur le transit

La constipation se définit par des selles dures, une sensation d’évacuation incomplète, ou moins de trois selles par semaine. Plusieurs facteurs alimentaires interviennent directement sur le transit.

Les fibres insolubles (son de blé, céréales complètes, légumes verts) augmentent le volume du bol fécal et stimulent les contractions intestinales. Les fibres solubles (avoine, psyllium, graines de chia) forment un gel au contact de l’eau qui ramollit les selles et facilite leur progression. Enfin, certains composés comme le sorbitol (pruneaux, prunes) ou les enzymes comme l’actinidine (kiwi vert) agissent via des mécanismes spécifiques.

Les apports recommandés en fibres sont de 25 à 38 g par jour chez l’adulte. Or, les Français consomment en moyenne 15 à 20 g par jour seulement. Ce déficit explique une partie importante des constipations fonctionnelles.

Les aliments validés par les études cliniques

Une analyse systématique récente de l’American College of Gastroenterology a passé en revue plus de 75 essais cliniques pour identifier les interventions alimentaires réellement efficaces contre la constipation. Trois aliments ressortent avec un niveau de preuve solide.

Le kiwi vert : l’option la mieux tolérée

Le kiwi vert est aujourd’hui l’aliment le mieux documenté contre la constipation. Une étude internationale menée en Nouvelle-Zélande, en Italie et au Japon a comparé la consommation de 2 kiwis par jour à une dose équivalente de psyllium chez des personnes souffrant de constipation fonctionnelle ou de syndrome de l’intestin irritable. Le kiwi a augmenté la fréquence des selles et réduit les inconforts digestifs, avec moins d’effets indésirables que le psyllium.

Un kiwi de taille moyenne (70 à 80 g) apporte environ 2 à 3 g de fibres, de l’eau (63 g), de la vitamine C et surtout une enzyme spécifique, l’actinidine, qui contribue à la digestion des protéines et semble jouer un rôle dans l’effet sur le transit. Autre avantage : le kiwi est pauvre en FODMAP, ce qui en fait un choix intéressant pour les personnes atteintes du syndrome de l’intestin irritable qui tolèrent mal les pruneaux.

Les pruneaux : la référence historique

Les pruneaux sont l’aliment laxatif le plus connu, et pour cause : leur efficacité est démontrée par de nombreuses études cliniques. Ils combinent fibres solubles et insolubles en quantités à peu près égales, ce qui leur confère une action douce et complète.

Leur atout spécifique, c’est le sorbitol, un polyol qui attire l’eau dans le côlon et ramollit les selles. Les pruneaux contiennent aussi des composés phénoliques et un effet prébiotique qui stimule la production bactérienne. Un essai randomisé publié dans Alimentary Pharmacology & Therapeutics (Attaluri et al., 2011) a montré que 100 g de pruneaux par jour étaient plus efficaces que le psyllium sur la fréquence et la consistance des selles.

Côté dosage : 3 à 5 pruneaux par jour suffisent pour un effet doux d’entretien. Pour une constipation marquée, comptez 8 à 10 pruneaux par jour (environ 100 g). Les effets visibles apparaissent généralement après 2 semaines de consommation régulière.

Le pain de seigle

Le pain de seigle complet est le troisième aliment qui ressort des méta-analyses. Une étude finlandaise a montré qu’il surpassait le pain de blé et le psyllium sur la fréquence des selles. Sa richesse en fibres insolubles et en composés spécifiques du seigle explique cet effet. Remplacer une partie du pain blanc ou du pain de mie habituel par du pain de seigle est un levier simple à mettre en place.

Que manger selon votre type de constipation

Constipation occasionnelle (1 à 3 jours)

Pour un épisode ponctuel, l’objectif est d’accélérer le transit sans brusquer l’intestin. Augmentez votre consommation d’eau (au moins 1,5 à 2 litres par jour), ajoutez 2 kiwis au petit-déjeuner ou 5 à 7 pruneaux réhydratés dans un verre d’eau la veille au soir. Les graines de lin moulues (1 cuillère à soupe dans un yaourt ou un bol de céréales) complètent bien l’action.

Un café le matin peut aider : il stimule le réflexe gastro-colique et favorise l’envie d’aller à la selle. Prévoyez un moment calme aux toilettes après le repas, car le réflexe gastro-colique est à son maximum dans les 20 à 30 minutes qui suivent.

Constipation chronique (plus de 3 semaines)

Pour une constipation chronique, l’approche est différente. Il ne s’agit pas d’un coup de fouet ponctuel mais d’une rééducation durable du transit. Les recommandations issues des méta-analyses conseillent de tester les interventions alimentaires pendant au moins 4 semaines avant d’évaluer leur efficacité.

Le plan de base : 2 à 3 kiwis par jour (ou 8-10 pruneaux pour ceux qui les tolèrent), du pain de seigle, 2 à 3 portions de légumes par repas, une eau minérale riche en magnésium (type Hépar, Contrex, Rozana). Les légumes contre la constipation à privilégier sont les légumes verts à feuilles, la carotte, la courgette, le potiron, les haricots verts et les épinards. Les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots) apportent des fibres fermentescibles intéressantes, à introduire progressivement pour éviter les ballonnements.

Constipation avec syndrome de l’intestin irritable (SII)

Si vous souffrez de SII avec constipation, la prudence s’impose. Les pruneaux, riches en sorbitol, peuvent aggraver les ballonnements et les douleurs. Dans ce cas, orientez-vous vers les kiwis verts (pauvres en FODMAP), les graines de chia trempées, l’avoine (flocons, son d’avoine) et le psyllium blond à petites doses.

Évitez les légumineuses en grande quantité et les choux, qui fermentent fortement. Un accompagnement par un diététicien formé au régime FODMAP peut être utile pour personnaliser les apports sans créer de nouvelles carences.

Constipation pendant la grossesse

La constipation touche 40 à 50 % des femmes enceintes en raison des modifications hormonales et de la compression mécanique. Privilégiez les aliments doux et efficaces : kiwis, pruneaux réhydratés, compote de pommes cuites, graines de lin moulues, flocons d’avoine. Hydratez-vous abondamment et maintenez une activité physique adaptée (marche quotidienne).

Évitez l’automédication avec des laxatifs stimulants. Si l’inconfort persiste, parlez-en à votre sage-femme ou médecin, qui pourra prescrire un laxatif osmotique compatible avec la grossesse.

Point de vigilance : une augmentation brutale des fibres peut provoquer ballonnements, gaz et inconfort digestif. Augmentez votre consommation progressivement sur 2 à 3 semaines et buvez davantage d’eau en parallèle. Sans hydratation suffisante, les fibres peuvent paradoxalement aggraver la constipation.

Les aliments à limiter en cas de constipation

Certains aliments ralentissent le transit ou aggravent l’inconfort en période de constipation. Parmi eux : le riz blanc, les pâtes raffinées, le pain blanc et les produits à base de farine blanche, qui sont pauvres en fibres. Les bananes pas assez mûres (vertes) contiennent de l’amidon résistant qui peut accentuer le ralentissement. Les bananes bien mûres posent moins de problème.

Le chocolat noir à forte teneur en cacao, les viandes rouges en excès, les fromages à pâte dure et les aliments très gras peuvent également ralentir le transit chez les personnes sensibles. Modérez ces aliments sans pour autant les supprimer : l’équilibre global compte plus que l’élimination.

L’hydratation et les boissons : un levier sous-estimé

Les fibres ne font leur travail que si elles sont hydratées. Comptez 1,5 à 2 litres de liquide par jour, en privilégiant l’eau. Les eaux minérales riches en magnésium (plus de 50 mg/L) ont un léger effet laxatif osmotique documenté : Hépar (119 mg/L), Contrex (84 mg/L), Rozana (160 mg/L) ou Badoit.

Le café au réveil stimule le transit chez de nombreuses personnes. Les tisanes (mauve, séné à dose modérée, boldo) peuvent compléter l’apport hydrique. Évitez les boissons alcoolisées qui déshydratent et perturbent le microbiote intestinal.

L'hydratation et les boissons un levier sous-estimé

Les compléments qui peuvent aider (et ceux qui déçoivent)

Si les ajustements alimentaires ne suffisent pas, certains compléments disposent de données cliniques solides. Le psyllium blond (ispaghul) est une fibre soluble qui augmente le volume des selles. 5 à 10 g par jour, pris avec un grand verre d’eau, sont généralement efficaces en 2 à 3 jours.

L’oxyde de magnésium ou le citrate de magnésium exercent un effet laxatif osmotique. Ils sont bien tolérés à faible dose (200 à 400 mg/jour) et peuvent compléter l’action des fibres. Certaines souches probiotiques spécifiques (Bifidobacterium lactis, Lactobacillus reuteri DSM 17938) ont montré un effet modeste mais réel sur la constipation.

En revanche, les laxatifs stimulants à base de séné sont à éviter en usage prolongé : ils peuvent créer une dépendance de l’intestin et perdent en efficacité avec le temps. Les études récentes ne soutiennent pas leur usage dans la constipation chronique.

Vos questions fréquentes sur l’alimentation anti-constipation

En combien de temps les aliments anti-constipation font-ils effet ?

Pour un effet ponctuel, comptez 12 à 48 heures après consommation de pruneaux ou de kiwis. Pour une amélioration durable du transit, il faut au moins 2 à 4 semaines de consommation régulière. Les changements alimentaires n’agissent pas comme un médicament : ils rééduquent progressivement le système digestif.

Le jus de pruneau est-il aussi efficace que les pruneaux entiers ?

Non. Le jus de pruneau contient du sorbitol et un peu de fibres solubles, mais il a perdu les fibres insolubles de la peau et de la chair. Il reste utile en appoint (un verre au réveil), mais les pruneaux entiers réhydratés restent plus efficaces selon les études cliniques.

Le kiwi doit-il être mangé avec la peau ?

La peau du kiwi vert contient des fibres supplémentaires et concentre certains composés actifs. Vous pouvez la consommer si elle est bien lavée et si vous choisissez un kiwi bio. L’effet sur la constipation est observé avec ou sans la peau dans les études.

Faut-il éviter le riz et la pomme en cas de constipation ?

Le riz blanc et la pomme pelée sont traditionnellement conseillés en cas de diarrhée pour leur effet ralentisseur. En cas de constipation, vous pouvez les consommer sans les supprimer, mais privilégiez le riz complet et les pommes avec la peau pour bénéficier de leurs fibres. La pomme cuite en compote (non sucrée) est par ailleurs bien tolérée et légèrement laxative.

Les probiotiques en yaourt sont-ils utiles ?

Les yaourts classiques contiennent peu de souches bactériennes actives et en quantités souvent modestes. Ils peuvent contribuer à l’équilibre du microbiote sans être un traitement de la constipation en soi. Pour un effet mesurable, orientez-vous vers des compléments contenant des souches précisément documentées (Bifidobacterium lactis par exemple) à des doses suffisantes.

Une approche globale à mettre en place sur la durée

L’alimentation anti-constipation repose sur des leviers simples mais qui demandent de la régularité : des kiwis ou pruneaux quotidiens, suffisamment de fibres variées (légumes, céréales complètes, légumineuses), une hydratation correcte et une activité physique régulière. Les effets se mesurent après quelques semaines, pas après 48 heures.

Si malgré ces ajustements votre constipation persiste, s’aggrave ou s’accompagne de douleurs abdominales, de sang dans les selles, d’une perte de poids ou d’une alternance diarrhée-constipation, consultez votre médecin. Une cause médicale (hypothyroïdie, médicaments, pathologie intestinale) peut nécessiter un bilan approfondi.