Plus de 1 000 médecins signent une alerte sur les pesticides

PESTICIDES

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Une « alerte des médecins de France métropolitaine et des Antilles sur les pesticides » a recueilli 1 245 signatures. Cet appel intervient alors que le projet de loi d’avenir sur l’agriculture, l’alimentation et pour la forêt (Laaf), adopté par l’Assemblée nationale en première lecture, sera examiné par le Sénat en avril.

Initié par l’association Alerte des médecins limousins sur les pesticides (AMLP), ce mouvement de mise en garde sur la dangerosité des pesticides a été rejoint par Envie santé Guadeloupe et l’Association pour la sauvegarde de l’environnement et de la santé. Les médecins signataires de cet appel fondent leur mobilisation sur de nombreuses études : le rapport de l’Inserm de 2013, le rapport de Kortenkamp sur les perturbateurs endocriniens rédigé en 2012 pour la Commission européenne, les études d’imprégnation de la population générale réalisées par l’Institut de veille sanitaire, les données de la cohorte de femmes enceintes Pelagie, le rapport de l’OMS et l’étude Karuprostate qui font état de liens entre l’exposition aux pesticides et différentes pathologies [www.alerte-medecins-pesticides.fr/].

« Si peu d’études ont porté sur l’ensemble de la population et sur les riverains, déplore le Dr Périnaud de l’AMLP, plusieurs d’entre elles montrent que des expositions environnementales sont susceptibles de provoquer des cancers et des maladies neurodégénératives ainsi que des malformations congénitales, et d’augmenter le risque de prématurité ». Les médecins rappellent en outre que les études montrent que 90 % de la population française est contaminée par des organophosphorés et que seules 1,6 % des femmes enceintes ne présentent pas de traces de pesticides dans leurs urines.

Les médecins pointent également la gravité de la situation antillaise qui détient, selon eux, le record mondial d’incidence standardisée de cancers de la prostate, une pathologie qui toucherait 500 nouveaux Martiniquais chaque année. Les signataires de l’appel demandent la fin des dérogations à l’interdiction d’épandages aériens, même avec des produits autorisés. « L’épandage aérien des bananeraies martiniquaises avec un pesticide de la classe des triazolés bénéficie d’une dérogation de 12 mois sur 12 ! », a dénoncé le Dr Frédérique Balaguier, dermatologue et membre de l’association Envie-Santé.

Une autre demande des médecins concerne les agriculteurs et la reconnaissance comme maladies professionnelles toutes pathologies que l’Inserm considère associées à un « fort risque de présomption » à l’exposition aux pesticides. « Aujourd’hui, seule la maladie de Parkinson est reconnue », explique le Dr Périnaud.

Une première avancée sur le sujet, bien que la mise en application soit jugée trop lointaine pour les signataires : le Parlement a adopté une proposition de loi interdisant les produits phytosanitaires dans les espaces verts publics en 2020 et chez les particuliers en 2022.

Source : APM

VCD