Folates et vitamine B12 réduisent les symptômes négatifs de la schizophrénie

Schizophrénie

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Une équipe américaine a démontré qu’à condition de prendre en compte la variabilité génotypique des patients, une supplémentation en folates et en vitamine B12 contribue à réduire significativement les symptômes négatifs de la schizophrénie.

Les symptômes négatifs de la schizophrénie, qui peuvent être de l’ordre d’un affect inadéquat, d’une alogie, d’une apathie, d’une asociabilité ou d’un manque d’attention, sont particulièrement invalidants. Des études antérieures ont déjà montré chez des patients schizophrènes l’association entre symptômes négatifs et taux sanguin réduit en acide folique. C’est pourquoi les auteurs ont cherché à évaluer si une supplémentation en folates et en vitamine B12 pouvait diminuer les symptômes négatifs et si la variabilité génétique impliquée dans l’absorption de l’acide folique influençait la réponse au traitement.  

L’essai clinique randomisé a été réalisé en double aveugle sur 140 patients de 18 à 68 ans qui, malgré un traitement antipsychotique, souffraient de symptômes négatifs de la schizophrénie. Pendant seize semaines, les chercheurs ont comparé un groupe de patients recevant un traitement par voie orale de 2 mg/j d’acide folique associé à 400 ?g/j de vitamine B12 à un groupe recevant un traitement placebo. Les variations des symptômes positifs, négatifs et totaux ont par la suite été mesurées à l’aide de l'échelle des syndromes positifs et négatifs (PANSS).

Avec ce traitement, les auteurs ont mis en évidence une amélioration significative des symptômes négatifs de la schizophrénie comparativement au traitement placebo, à condition d’avoir initialement pris en compte le génotype relatif à l’absorption des folates. En effet, une interaction a été observée entre une des variantes du gène FOLH1 et le traitement : seuls les patients homozygotes pour l’allèle 484 T du gène tiraient du traitement un bénéfice significativement plus grand que les autres.

Une prescription d’acide folique et de vitamine B12 peut donc dans certains cas aider à réduire les symptômes négatifs de patients schizophrènes. Mais la variabilité génétique observée relative à l’absorption des folates, et donc à l’efficacité du traitement, suggère l’importance d’une approche médicale personnalisée et adaptée à chaque patient.

Source : Roffman JL et al. Randomized multicenter investigation of folate plus vitamin B12 supplementation in schizophrenia. JAMA Psychiatry. 2013;6:1-9

Camille Aulas

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