L’eau en bouteille contiendrait des traces infimes de pesticides et de médicaments

Qualité de l’eau

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L’étude menée par 60 millions de consommateurs et la Fondation France libertés a révélé lundi 25 mars que dix des échantillons d’eau en bouteille sur les quarante-sept analysés, et huit prélèvements d’eau du robinet sur les dix testés contiennent des traces de pesticides ou de médicaments. Ces résultats soulèvent le problème de la contamination de l’environnement par les pratiques humaines sans toutefois remettre en cause la potabilité de l’eau.

La présence de quatre-vingt-cinq polluants d’origine humaine appartenant aux groupes des phtalates, des pesticides, des médicaments et des perturbateurs endocriniens a été recherchée dans quarante-sept bouteilles d’eau minérale, trois bonbonnes d’eau et dix échantillons d’eau du robinet prélevés dans trois départements. Les résultats obtenus à la suite de cette analyse ont été contestés par les embouteilleurs. Les analyses ont alors été renouvelées, et même s’il est impossible d’écarter totalement la possibilité d’une contamination extérieure, les résultats premiers ont été confirmés.

Parmi les polluants les plus fréquemment retrouvés dans les échantillons figurent l’atrazine, un désherbant interdit depuis 2001, et le tamoxifène, une hormone de synthèse utilisée dans le traitement du cancer du sein. Si la présence d’atrazine s’explique par sa persistance très forte dans l’environnement, l’origine de la présence du tamoxifène dans l’eau reste inconnue. Thomas Laurenceau, rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs, estime qu’au vu de ces résultats, des analyses à plus grande échelle mériteraient d’être lancées.

Le journaliste insiste notamment sur le fait qu’étant donnée l’infime quantité de polluants décelée dans l’eau, « il n’y a absolument aucun problème de qualité », et que « l’enquête ne met absolument pas en cause l’honnêteté des embouteilleurs ». Il s’agit d’un problème global concernant l’ensemble des marques d’eau minérale. Thomas Laurenceau appelle donc à « la remise à plat des normes de qualité », en commençant par prendre en compte les nouveaux polluants.

Les inquiétudes sanitaires reposent sur les conséquences sur le long terme de l’ingestion, même en quantité infime, de ces micropolluants variés, et sur les effets cocktails potentiels de leur association qui sont encore inconnus. Mais avant cela, 60 millions de consommateurs et France libertés demandent, dans un manifeste pour l’eau potable, la tenue d’assises de l’eau qui réuniraient tous les acteurs concernés afin de comprendre comment des eaux aussi protégées que les eaux minérales peuvent contenir de telles substances.

Camille Aulas

Crédit photo : shrff14 - Flickr.com