Les protéines animales à nouveau autorisées en aquaculture

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La Commission européenne vient d’annoncer que les pisciculteurs seront autorisés à nourrir leurs animaux avec de la farine de volailles et de porcs, à compter du 1er juin 2013. Ces ingrédients, soupçonnés d’être à l’origine de la contamination par encéphalopathie spongiforme bovine (ESB, maladie de la vache folle) avaient pourtant été interdits en 2001 dans l’Union européenne. Pour justifier cette décision, la commission européenne évoque une interdiction totale en cours depuis plus de dix ans « disproportionnée au regard des risques encourus » et explique que le risque de transmission de l’ESB entre non-ruminants est aujourd’hui négligeable. Par mesure de précaution, les farines de ruminants resteront interdites.

Votée en juillet dernier, cette décision n’avait pas fait l’unanimité puisque la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni s’étaient opposés au projet. C’est donc sans surprise que la nouvelle a été mal accueillie par le Gouvernement français, à commencer par la ministre de l’Écologie Delphine Batho qui a aussitôt proposé la mise en place en France d’un label « sans farine animale » afin que le consommateur soit informé. Le week-end dernier, ce fut au tour du président de la République François Hollande de réaffirmer sa position : « La France s'oppose aux protéines animales. La France a voté contre, et la France n'introduira pas ces protéines animales pour ce qui la concerne », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse organisé à l’occasion de l’ouverture du Salon international de l’agriculture.

Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll se voulait la semaine dernière plus rassurant en indiquant que ces farines animales étaient différentes de celles qui avaient provoqué à la fin des années 90 la crise de la filière bovine et que les produits d’abattage qui serviront à nourrir les poissons sont propres à la consommation humaine. Des raisons financières ont également été évoquées pour expliquer ce revirement de l’Union européenne. Comme l’évoquait le comité interprofessionnel des produits de l’aquaculture en 2011 : ce type d’aliments pourrait permettre de gagner jusqu’à 5 % du coût de production des poissons dans un contexte où la pêche de petits poissons pour l’alimentation de leurs cousins d’élevage est coûteuse.

La Commission ne compte pas s’en arrêter là et indique que d’ici 2014, de nouvelles mesures seront proposées afin d’autoriser ce type d’aliments pour les porcs et les volailles, précisant qu’elles seront toujours interdites aux ruminants.

V.C.-D.

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