L’Igas souligne l’intérêt des actions de dépistage et d’éducation thérapeutique

Diabète

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L’Assurance maladie dépense 13 milliards d’euros pour soigner les 2,9 millions de diabétiques français, avec une croissance de 4,4 % de 2001 à 2007. Face à ces chiffres inquiétants, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) souligne dans son rapport d’évaluation de la prise en charge du diabète, rendu public début juin, le besoin de nouvelles approches en matière de dépistage, de coopération interprofessionnelle ou de mesures hygiéno-diététiques. Les actions de dépistage et de prévention déployées sont insuffisamment ciblées sur les populations les plus à risque (précaires ou étrangères). En outre, lorsqu’elles existent, les initiatives sont jugées peu performantes (trop locales, outils peu mutualisés, évaluations rares, etc.).

Par ailleurs, l’Igas estime que l’éducation thérapeutique et l’accompagnement du patient constituent un des enjeux centraux de l’adaptation du système de soins de premier recours. Or, le rapport souligne que la rémunération à l’acte ne permet pas de couvrir l’éducation thérapeutique qui nécessiterait, entre autres, une meilleure coopération entre médecins généralistes et infirmiers, par exemple au sein des maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP).

Parmi les recommandations émises : dédier une enveloppe au Fonds national de prévention, d’éducation et d’information sanitaires pour les expériences pilotes de lutte contre l’obésité concernant les populations spécifiques ; et privilégier la mise en place d’actions d’éducation thérapeutique en ville pour le diabète de type 2 par des infirmières intégrées aux cabinets des médecins.

L’Igas met donc l’accent sur « l’organisation du système de soins de premier recours, dans la définition d’une stratégie de long terme ». Un système de soins qui doit, d’une part, s’orienter sur des actions de dépistage et d’éducation thérapeutique ciblées et, d’autre part, valoriser le rôle des infirmiers et des associations de patients, comme l’Association française des diabétiques (AFD), afin de proposer aux malades des approches basées sur le partage d’expériences. Encore faudra-t-il que les financements soient à la hauteur des enjeux…

Pour consulter le rapport dans son ensemble : www.igas.gouv.fr.

I.L.-D.

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