Haro sur les produits ultratransformés !

sciences

Augmenter sa consommation de produits ultratransformés de 10 % augmenterait de plus de 10 % le risque de développer un cancer, indique une étude française parue le 14 février 2018 dans The British Medical Journal (BMJ).

 
L’étude a été réalisée sur 104980 personnes adultes de la cohorte NutriNet-Santé, entre 2009 et 2017, et a porté sur 3300 aliments classés en fonction de leur degré de transformation, déterminé par la classification internationale NOVA*.
 
Sur cette période, 2280 incidents de cancer ont été diagnostiqués et validés, parmi lesquels 739 cancers du sein, 281 cancers de la prostate et 152 cancers colorectaux.
Des résultats restés significatifs après ajustement de plusieurs marqueurs de qualité nutritionnelle et retrouvés tant chez les femmes que chez les hommes, chez les fumeurs que chez les non-fumeurs, ou chez les personnes ayant une activité physique faible ou modérée.
 
Au cours des dernières années, la consommation quotidienne d’aliments hautement transformés a explosé dans les pays développés, où la problématique de la malnutrition a succédé à celle de la sous-nutrition. Avec comme corollaire une augmentation significative de pathologies telles le diabète, l’obésité, les maladies cardio-vasculaires…
 
Or les aliments hautement transformés affichent majoritairement une qualité nutritionnelle médiocre et un profil lipidique désastreux. Ce sont, pour la plupart, des aliments prêts à manger, à cuire ou à boire, comme les biscuits, bonbons, sodas, plats cuisinés, yaourts aux fruits, viandes ou poissons reconstitués… Souvent peu coûteux et faciles à consommer, ils sont riches en sucres ajoutés, sel et matières grasses et peuvent comporter des additifs alimentaires, des graisses hydrogénées, des protéines hydrolysées et des amidons modifiés.
Autant de substances dont les liens avec certaines pathologies (diabète, hypertension artérielle…) ont souvent été établis, mais peu avec le cancer.
 
L’analyse des données indique que ce sont en particulier les graisses, les sauces, les produits sucrés et les boissons qui sont associés au risque de cancer.
 
Cependant, d’autres études sont nécessaires pour comprendre et évaluer les effets de la composition nutritionnelle, des additifs et des matériaux d’emballage.
Dans un communiqué du jeudi 15 février, l’Inserm précise que l’équipe de recherche a lancé un nouveau programme sur les additifs alimentaires dans le cadre de NutriNet-Santé. L’Inserm ajoute par ailleurs que les marques et les noms commerciaux des aliments industriels consommés sont également pris en compte. Précision indispensable pour évaluer l’exposition aux additifs alimentaires, étant donné la variabilité d’une marque à l’autre.
 
 
 
*La classification internationale NOVA se compose de quatre catégories définies par le processus de transformation alimentaire. On distingue les aliments frais ou peu transformés ; les ingrédients culinaires transformés ; les aliments transformés et les aliments hautement transformés.