Le soin nutritionnel n'est toujours pas remboursé

législatif

Alors qu’il est reconnu en France depuis 10 ans et recommandé dans onze pathologies (obésité, diabète, insuffisance cardiaque, maladie coronaire stable, BPCO et AVC…) par la Haute Autorité de santé (HAS), le soin nutritionnel délivré par un diététicien n’est toujours pas pris en charge.

C’est la raison pour laquelle, au lendemain de la présentation, en Conseil des ministres, du projet de loi issu des états généraux de l’alimentation, les diététiciens ont communiqué pour faire entendre leur Livre blanc, publié en avril 2017.
 
Rappelons que les diététiciens sont des professionnels de santé dont les missions ont été définies dans le code de la santé publique en 2007. Ils sont inscrits au fichier Adeli, mais ils n’ont ni conventionnement avec l’Assurance maladie ni nomenclature de leurs actes.
Pourtant, ils sont considérés comme un maillon indispensable entre les patients et les médecins, ces derniers n’étant pas forcément formés en nutrition.Or l’absence de soin nutritionnel constitue un facteur de perte de chances pour le patient, mais aussi d’aggravation des pathologies chroniques.
 
L’Association française des diététiciens nutritionnistes (AFDN) rencontre régulièrement les autorités de tutelle, sans effet notable pour le moment, celles-ci renvoyant aux futurs plans nationaux.
 
Par ailleurs, l’AFDN déplore, dans son Livre blanc, une formation actuelle des diététiciens nutritionnistes « inadaptée aux besoins de la population ». En effet, contrairement à l’évolution constatée en Europe, la situation en France reste inchangée depuis vingt ans. La formation est actuellement de deux ans en France –contre entre 3 et 5 ans en Europe– et dispensée par un grand nombre d’écoles privées hors contrat avec l’État. Le programme de formation initiale, lui, n’a pas été modifié depuis 1987 pour les BTS et 2005 pour les DUT.
 
Une formation d’au moins trois ans constitue pour les diététiciens une « absolue nécessité ».

 

C.D.