Glyphosate : l’Europe approuve

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La Commission européenne a finalement tranché dans le dossier glyphosate : le 27 novembre dernier, elle a accordé une nouvelle autorisation de 5 ans pour cet herbicide controversé. Dans la foulée, la France, opposée au choix de l’Union européenne, s’est donnée trois ans pour sortir du pesticide, comme l’a tweeté Emmanuel Macron : « j’ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que les alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans ».

La proposition de la Commission européenne de ré-autoriser le glyphosate (notamment contenu dans Roundup, Monsanto) pour 5 ans n’avait pas obtenu début novembre de majorité qualifiée des pays membres (16 des 28 États membres, représentant au moins 65 % de la population de l’Union européenne). Seuls 14 États membres se sont prononcés pour, parmi lesquels le Royaume- Uni, l’Espagne et les Pays-Bas. Mais neuf pays ont voté contre : la France, la Belgique, la Grèce, la Croatie, l’Italie, le Luxembourg, Chypre, Malte et l’Autriche. L’Allemagne et quatre autres États membres se sont abstenus. Dans son communiqué, la Commission européenne expliquait néanmoins que l’AMM du glyphosate expirant le 15 décembre, elle soumettrait sa proposition lors d’un comité d’appel d’ici fin novembre. La proposition pouvait alors être adoptée à la majorité simple. Cette situation est liée à la controverse sur la nocivité du désherbant, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ayant classé en 2015 le glyphosate parmi les cancérigènes probables pour l’homme sur la base de données publiées. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et l’ECHA considèrent en revanche que les données scientifiques disponibles n’indiquent pas que le glyphosate pouvait être considéré comme tel, une position qui provoque de nombreuses critiques de scientifiques et d’organisations non gouvernementales.

Malgré cette controverse, le Parlement européen s’est prononcé fin octobre pour une suppression progressive du pesticide. C’est le délai retenu de cinq ans qui a fait débat au sein des membres de l’Union. Ainsi, un amendement socialiste a conduit le Parlement à retenir la date butoir du 15 décembre 2022, alors que sa commission de l’environnement s’était arrêtée sur 2020, comme le prônait la France. Le Parti populaire européen (centre droit) soutient quant à lui une autorisation jusqu’en 2022 sans en faire une date butoir.

En France, le premier ministre Édouard Philippe a indiqué fin septembre qu’en matière de pesticides, il fallait trouver un « équilibre » entre risques pour la santé et adaptation des modes de production agricole. Il a rappelé que l’utilisation du glyphosate par les collectivités dans les espaces ouverts au public était déjà interdite depuis le 1er janvier 2017 et qu’elle le serait également pour les particuliers à partir du 1er janvier 2019. Enfin, dans une lettre ouverte publiée mi octobre et adressée à Emmanuel Macron, 30 organisations rappelaient au Président qu’il existe déjà des alternatives au glyphosate et que des millions de citoyens européens comptent sur la France, avec l’initiative citoyenne européenne (ICE) pour réclamer l’interdiction du glyphosate.

Source : Apm.

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