Les produits épinglés par la DGCCRF

Sécurité sanitaire


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La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a présenté fin février le bilan de ses actions en 2016. En matière de sécurité du consommateur, l’agence s'est notamment intéressée aux colorants alimentaires, la qualité du sucre et les résidus de pesticides dans nos aliments.

« En 2016, l'unité d'alerte de la DGCCRF a géré 1 169 alertes et émis 471 enregistrements sur les réseaux d'alertes européens, permettant ainsi d'informer les autorités de protection des consommateurs des autres Etats membres » de l'Union européenne. Parmi ces alertes, 543 ont concerné des produits alimentaires, « 369 alertes ayant une origine nationale dont 9 % ont concerné d'autres Etats membres ». Parmi les "principaux types de produits en cause", la DGCCRF cite les produits végétaux ou d'origine végétale, les compléments alimentaires et les aliments pour animaux.

Focus sur les colorants alimentaires

Dans son document, la DGCCRF indique qu'« à l'occasion d'une enquête relative aux colorants dans les produits sucrés et les boissons, [elle] a mis en évidence que, dans certains produits, l'acide carminique (principe colorant du E 120­ colorant rouge) était remplacé par une autre molécule (acide 4­amino carminique), qui n'est pas autorisée au niveau européen et dont l'impact sur la santé n'a pas été évalué ». "L'enquête, menée auprès de fournisseurs de principes colorants, a permis de faire cesser l'utilisation de colorants distribués par quatre entreprises", rapporte­t­elle, indiquant que "le dossier a été signalé à la Commission européenne, en vue d'une évaluation sanitaire par l'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA)". "Dans l'attente, une information des fédérations professionnelles au niveau européen a été réalisée par la Commission qui a, en outre, saisi les autorités compétentes des États membres pour qu'elles enquêtent auprès des opérateurs de leur ressort", conclut­elle sur ce sujet. 

La qualité du sucre et les résidus de pesticides, à l’étude

Toujours en matière de produits alimentaires, la DGCCRF cite une enquête sur la qualité du sucre, qui "avait pour objet de vérifier la qualité des sucres mis sur le marché (qu'il s'agisse de sucres traditionnels ou 'nouveaux', comme les sucres de palmier, d'érable, ou de bouleau) et de rechercher la présence de substances chimiques, de métaux lourds ou d'additifs (colorants ou arômes notamment)". "Une centaine d'opérateurs ont été contrôlés et 69 prélèvements effectués. Le taux de non-conformité s'élève à 30%", souligne-t-elle, "pour l'essentiel de sucres qui comportaient des additifs et notamment des colorants qui n'étaient pas autorisés dans la denrée ou ne figuraient pas sur l'étiquetage du produit".
La DGCCRF souligne aussi ses travaux sur les résidus de pesticides. Elle rapporte avoir "vérifié auprès de plusieurs centaines d'opérateurs (distributeurs, grossistes, producteurs en vente directe, etc.) la réalisation d'autocontrôles sur les denrées commercialisées". "Près de 5.200 échantillons de fruits et légumes frais ou transformés, de céréales, de thés, d'épices, etc., ont été prélevés et analysés. Le taux de non­conformité (pour dépassement des limites maximales de résidus) est de 2,5%", explique­t­elle, précisant que "les manquements constatés ont fait l'objet de 58 avertissements et 25 procès­verbaux". Sur le bisphénol A, à la suite d'une enquête réalisée en 2015, "qui avait montré un taux de non­conformité de 22% des échantillons (correspondant pour l'essentiel à des articles mis sur le marché avant l'entrée en vigueur de la loi), la direction a vérifié en 2016 "la conformité documentaire de nombreux articles présents sur le marché et prélevé, de manière ciblée, 157 échantillons pour analyse", concluant à "un taux élevé de non­conformité de l'ordre de 40%, le plus souvent sur des produits importés, en majorité des conserves, bocaux et articles en matière plastique". Elle "s'est assurée de la mise en place de mesures correctives, en prenant au besoin des mesures de police administrative (suspension de la mise sur le marché, retrait, rappel des produits) pour faire cesser la commercialisation des articles non conformes", affirme-­t-­elle.

Source : Apm.

VCD