Bio dans les cantines : Les Sénateurs jugent le projet « irrecevable »

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Alors que les députés s’étaient déclarés favorables à l’introduction d’aliments issus de l’agriculture biologique, locaux et de saison dans la restauration collective publique, les Sénateurs ont rejeté l’amendement sur le sujet, le jugeant « irrecevable ».

Le 1er juillet dernier, l’Assemblée nationale adoptait à l’unanimité la proposition de loi visant à imposer l’introduction d’aliments issus de l’agriculture biologique et de produits locaux dans la restauration collective publique et privée, respectivement à hauteur de 20 % et 40 % d’ici à 2020. Cet amendement inscrit dans le projet de loi « Egalité et citoyenneté dans la restauration collective » déposé par les sénateurs écologistes Joël Labbé et Brigitte Allain a été jugé « irrecevable » par la commission spéciale des affaires économiques. En cause : la surface agricole cultivée en bio et l’approvisionnement en produits de saison et produits locaux qui seraient trop faible pour la première et insuffisamment développé à l’échelle nationale pour le second. Un recours a été déposé auprès de Gérard Larcher, président du Sénat afin qu’il revienne sur cette décision.

Les associations se mobilisent

Enfin, plusieurs associations ont réagi. La fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB), la federation des conseils de parents d'élèves (FCPE) et Agir pour l'Environnement ont affirmé attendre que “les élus de République respondent aux attentes de la société”, puisque 76 % des Français se disent favorables à cette mesure. Dans un communiqué, ils rappellent par ailleurs qu’assurer l'égal accès des enfants à une nourriture saine et de haute qualité gustative et nutritionnelle devrait être une priorité. Ceci est d'autant plus important que pour de nombreux enfants d'origine modeste, le repas à la cantine constitue le seul repas équilibré qu'ils seront susceptibles de recevoir dans la journée”. ET d’ajouter “le soutien à une agriculture de qualité et de proximité et le développement de l'agriculture Bio sont essentiels pour préserver et redynamiser nos territoires ruraux et peri-urbains mais également pour protéger notre environnement et la santé publique en diminuant les intrants chimiques utilisés en agriculture”. Une pétition adressée au Président du Sénat, ainsi qu’aux membres de la Commission spéciale, a été déposée et a déjà recueilli plus de 58 000 signatures.

AC