La SFNEP appelle à clarifier les bonnes pratiques pour les adultes handicapés

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La SFNEP alerte sur les difficultés nutritionnelles des personnes en situation de handicap et encourage les professionnels à s’emparer de cette thématique pour pouvoir proposer des recommandations adaptées à cette population.

En 2010, 325 000 personnes résidaient en établissements et services d’hébergements pour handicapés et 125 000 en établissements et services d’aide par le travail et en entreprises adaptés. Sans compter les résidents des Ehpad ou en soins à domicile. Une part importante de la population est donc concernée de manière directe ou par son entourage, dans le cadre professionnel ou personnel.

La société francophone nutrition clinique et métabolisme alerte, par la voix du Pr Jean-Claude Desport, de l’unité de nutrition et centre spécialité de l’obésité du Limousin au CHU de Limoges : « Du point de vue nutritionnel, bien que nous ne disposions de façon paradoxale que de peu d’études scientifiques de grande ampleur, la pratique médicale de tous les jours est claire : les problèmes sont légion. »

Premier risque : la dénutrition, liée le plus souvent à un apport alimentaire insuffisant, parce que difficile. Le patient entre dans un cercle vicieux : le handicap favorise l’apparition de la dénutrition, qui augmente le handicap, qui favorise la dénutrition, etc.

À l’inverse, le handicap peut favoriser la survenue de l’obésité, soit parce qu’il réduit l’activité physique, soit parce que des médicaments à visée neurologique par exemple peuvent majorer l’appétit. L’excès de poids gène les mobilisations, réduit la fonction respiratoire, dégrade l’état psychologique et la qualité de vie, altère l’état cardiovasculaire, favorise le développement du diabète et une nouvelle fois un cercle vicieux est constitué.

Si la SFNEP se félicite que les travaux d’équipes telle que celle du Pr Gottranbd au CHU de Lille ait permis à notre pays de marquer sa place du côté de la prise en charge nutritionnelle des enfants handicapés, en coordonnant des recommandations européennes, elle regrette que les données touchant aux adultes restent rares, pauvres et hétérogènes.

« En tant que professionnels de santé, il faut que nous menions de notre côté des études cliniques qui clarifient les bonnes pratiquespour les adultes handicapés, que des moyens adaptés d’intervention nutritionnelle soient mis en place dans les établissements spécialisés, et que nos gouvernances de santé n’oublient pas ces impératifs de santé publique, qui auront un coût », appelle le Pr Desport dans un communiqué.

Source : SFNEP

AC