Le système d’information nutritionnelle à cinq couleurs est-il le plus efficace ?

ÉTIQUETAGE


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Le système d’information nutritionnelle coloriel à 5 couleurs (5-C) serait le plus efficace pour permettre aux consommateurs de reconnaître et comparer la qualité nutritionnelle des aliments, selon un travail de l’équipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (EREN) paru dans le journal Nutrients. Notamment les populations les plus « à risque ».

Pour faciliter l'information du consommateur et pour l'aider à choisir en toute connaissance de cause, la Loi de santé présentée par Marisol Touraine et votée au Parlement prévoit que « la déclaration nutritionnelle obligatoire puisse être accompagnée d'une présentation ou d'une expression complémentaire au moyen de graphiques ou symboles sur la face avant des emballages». En France, de nombreuses sociétés savantes soutiennent la mise en place du système d’information nutritionnelle coloriel à 5 couleurs 5-C (vert/jaune/orange/rose fuchsia/rouge qui repose sur le calcul d’un score de qualité nutritionnelle prenant en compte pour 100 grammes de produit l’apport en calories, sucres simples, acides gras saturés, sodium, fibres, protéines et le pourcentage de fruits et légumes.

Quatre systèmes d’étiquetage testés

Afin d’étudier la pertinence de ce modèle, l’équipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (EREN) Inserm / Inra / Cnam / Université Paris 13 a comparé l’effet de différentes signalétiques nutritionnelles sur la capacité des consommateurs à classer les aliments en fonction de leur qualité nutritionnelle. Quatre systèmes d’information nutritionnelle simplifiés ont été testés : le système coloriel 5-C ; la coche verte (utilisée dans certains pays scandinaves et aux Pays-Bas) ; le traffic lights multiples (utilisés en Grande Bretagne) et les Repères Journaliers Recommandés (ou Apports de Référence) déjà utilisés en France par certains industriels. Une situation sans logo a également été utilisée comme référence. Grâce à un questionnaire Internet, 14 230 adultes participant à l’étude NutriNet-Santéontclassé, sur une base relative (« moins bonne », « intermédiaire », « la meilleure » ou « je ne sais pas »), la qualité nutritionnelle de différentes séries de troisaliments appartenant à la même catégorie d’aliments. Cinq catégories ont été testées : produits surgelés à base de poisson, pizzas, produits laitiers, mueslis pour le petit déjeuner et produits apéritifs.

De l’intérêt d’une signalétique d’information nutritionnelle

D’une façon générale, cette enquête montre que les individus « à risque » d’avoir une alimentation de moins bonne qualité nutritionnelle (sujets âgés, bas revenus, faible niveau d’éducation, faible niveau de connaissance en nutrition, personnes en surpoids ou obèses) ont davantage de difficulté à classer les produits alimentaires en fonction de leur qualité nutritionnelle. Ce travail ajoute également qu’une signalétique d’information nutritionnelle augmente la capacité des individus, y compris ceux à risque, à classer les aliments en fonction de leur qualité nutritionnelle, par rapport à une situation sans logo. Ce système d’information aurait même plus d’impact que les caractéristiques individuelles (niveau d’éducation, revenu, etc.). « Les chances de classer correctement les produits sont multipliées au maximum par plus de 12 avec un logo, tandis que les caractéristiques individuelles ne permettent d’accroître les chances que d’un facteur 1.17 », précisent les chercheurs.

Et le système à cinq couleurs ?

Parmi les signalétiques testées, le système à 5 couleurs (5-C) s’est révélé le plus efficace en termes de compréhension. Ses performances sont meilleures  y compris chez les individus ayant une alimentation plutôt « défavorable » sur le plan nutritionnel et la santé. « En particulier, la présence 5-C augmente, de façon très importante (plus de vingt fois par rapport à la situation sans logo), la capacité des individus n’ayant pas de connaissance en nutrition, à classer correctement les produits par rapport à la situation sans logo », ajoutent les chercheurs.

 « Le logo à 5 couleurs (5-C) s’avère être le mieux compris chez l’ensemble des individus et permettrait donc d’informer efficacement et équitablement les consommateurs sur la qualité nutritionnelle des produits et donc d’intégrer cette information dans les déterminants de leurs choix alimentaires », concluent les auteurs de ce travail.
 
Sources : Inra ; Ducrot P, et al. Objective Understanding of Front-of-package Nutrition Labels among Nutritionally At-risk Individuals. Nutrients 2015 ; 7 : 7106-25.