L’Anses pointe les défauts de l’étiquetage nutritionnel proposé par le Pr Hercberg

étiquetage nutritionnel


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Le score nutritionnel défini par Rayner et al. et préconisé par le Pr Serge Hercberg dans le cadre de la mise en place nationale d’un système d’information nutritionnelle ne serait pas suffisamment discriminant pour certaines catégories d’aliments, selon un rapport de l’Anses publié début juin. Les experts ajoutent que les informations dont l’étiquetage deviendra obligatoire fin 2016 ne sont pas suffisantes pour calculer cet indice.

Saisie par la Direction générale de la santé (DGS), l’Anses a étudié la faisabilité technique du déploiement d’un code couleurs à cinq composantes proposé par le Pr Hercberg pour évaluer et informer le consommateur sur la qualité nutritionnelle de l’aliment. Dans le rapport Évaluation de la faisabilité du calcul d’un score nutritionnel tel qu’élaboré par Rayner et al., les experts ont utilisé les données d’étiquetage fournies dans le cadre de l’Oqali et ont ainsi pu calculer le score nutritionnel de plus de 12 000 références de produits transformés, issus de 23 groupes d’aliments différents et répartis en 439 familles. Pour compléter ces informations, les auteurs se sont référés aux données de composition nutritionnelle de la table Ciqual pour les produits non transformés ou les produits transformés non détaillés dans le cadre de l’Oqali. Près de cinq cents aliments supplémentaires ont ainsi été analysés.

Les auteurs concluent que la mise en œuvre de ce score est réalisable mais pointe quelques défauts. Par exemple, les auteurs révèlent que « certaines données nécessaires au calcul du score ne sont pas toujours présentes sur l’étiquetage ». De plus, l’Anses indique que « ce score nutritionnel apparaît discriminant pour bon nombre de groupes d’aliments mais l’est insuffisamment pour d’autres (boissons rafraichissantes sans alcool, matières grasses, fromages, compotes, chocolats et produits chocolatés, etc.) ». Enfin, l’Anses précise que son travail n’a pas étudié la pertinence de cet outil pour informer le consommateur et induire des évolutions de comportements ou de composition de l’offre alimentaire.