Journée européenne de l’obésité : tous mobilisés !

évènement


©Thomas EyeDesign - istock

Début mai, l’Organisation mondiale de la santé a alerté sur le risque d’accroissement, parfois spectaculaire, de l’obésité en Europe. À l’occasion de la Journée européenne de l’obésité, sociétés savantes et gouvernement plaident en faveur d’une prise en charge plus adaptée.

Lors du récent Congrès européen sur l’obésité (ECO2015) qui s’est tenu début mai à Prague, l’Organisation mondiale de la santé a rendu publics les chiffres prédictifs de l’obésité de l’adulte, en Europe, en 2030. Contrairement aux idées reçues, la France est loin d’être épargnée : 58 % des femmes et 66 % des hommes seront en surpoids et l’obésité touchera 28 % des femmes et 24 % des hommes.

« Ces chiffres sont la conséquence de l’épidémie d’obésité infantile observée entre 1980 et 2000 », expliquent la Société française de nutrition (SFN) et l’Association française d’étude et de recherche sur l’obésité (Aféro) dans un communiqué commun. Même si les chiffres tendent à se stabiliser dans les nouvelles générations, les enfants nés dans les années précédentes resteront obèses. Ces chiffres sont donc d’autant plus inquiétants qu’ils toucheront une population d’adultes jeunes, dont des femmes en âge de procréer. » De plus, les données épidémiologiques récentes mettent en évidence une nette progression des formes les plus sévères de l’obésité, en particulier chez les femmes et les populations défavorisées.

Face à cette situation, la SFN et l’Aféro estiment qu’« il est urgent d’agir »

« La complexité des déterminants et des conséquences de l’obésité impose une approche intégrative comportementale, environnementale et biologique qui exige une évolution radicale des pratiques médicales et non médicales », expliquent la SFN et l’Aféro. Ils demandent donc que l’organisation d’un parcours de prévention et de soins pour les personnes obèses soit mise en place, en accord avec les propositions pragmatiques formulées par le Pr Arnaud Basdevant dans son rapport de novembre 2013 au ministère de la santé. « Ces propositions visent notamment à réaliser un continuum prévention - prise en charge, et à organiser le parcours de soin du patient en faisant du soin primaire et du tissu social un acteur efficace », expliquent-ils.

Le gouvernement souhaite prévenir dès le plus jeune âge

Pour le gouvernement, l'exposition au risque d'obésité est étroitement liée aux inégalités sociales. « Aujourd’hui, en classe de CM2, les enfants d’ouvriers sont dix fois plus victimes d’obésité que les enfants de cadres. C’est pourquoi plusieurs mesures du projet de loi font de la prévention auprès des jeunes une priorité », explique le gouvernement dans un communiqué en rappelant qu’ « un « parcours éducatif en santé » sera notamment instauré à l’attention de tous les jeunes (dans les écoles), afin de favoriser les actions de promotion de la santé. Le dispositif du médecin traitant de l’enfant permettra notamment de prévenir les comportements à risques et de renforcer le dépistage précoce du surpoids et de l’obésité. » Parmi les autres mesures phare, le gouvernement rappellent la mise en place prochaine d’un étiquetage nutritionnelle sur les denrées alimentaires et la simplification du dispositif de production du certificat médical pour faciliter la pratique sportive.

Sources : Société française de nutrition : Association française d'étude et de recherche sur l'obésité ; Ministère des affaires sociales, de la santé et du droit des femmes.