Chirurgie de l'obésité : l’Académie nationale de chirurgie dénonce le manque de suivi

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En France, deux cent mille patients obèses ont bénéficié d’une chirurgie bariatrique. Pour accompagner la perte de poids et éviter la reprise, un suivi pluridisciplinaire à long terme est nécessaire. Un manque cruel de notre système de soins que l’Académie de chirurgie dénonce. 

En trois ans, le nombre d’interventions de chirurgie bariatrique a triplé, selon le Pr Jean Gughenheim, président de la Société française et francophone de chirurgie de l’obésité et des maladies métaboliques. 47 000 patients ont bénéficié de l’intervention en 2014, près de 41 600 en 2013. À ce rythme de progression, le nombre de patients opérés devrait atteindre 500 000 dans cinq and, estime le Pr François Pattou du CHU de Lille.

SI la chirurgie bariatrique est un traitement efficace de l’obésité, l’Académie nationale de chirurgie rappelle qu’elle ne permet pas de guérir le patient. Il faut surveiller l’éventuelle apparition de complications liées à la chirurgie elle-même mais également assurer un suivi pluridisciplinaire, notamment psychologique et nutritionnel. Pour le Pr Pattou, il est important de mettre en place une organisation des soins pour les patients opérés.

Une consultation annuelle, pas plus

Pour l’heure, seule une consultation par an est préconisée par la Haute autorité de santé (HAS). Le suivi par les nutritionnistes n’est pas accessible à tous les patients, faute de professionnels disponibles à proximité. Et les séances auprès d’un diététicien, d’un psychologue ou la supplémentation nécessaire pour prévenir les carences potentiellement dangereuses restent à la charge du patient. « L’assurance maladie rembourse l’intervention, mais occulte le problème du suivi à long terme », dénonce l’Académie nationale de chirurgie qui ajoute que ce suivi global dépasse les compétences des chirurgiens mais aussi des capacités des centres spécialisés en raison de l’augmentation du nombre de patients.

Le CNAO dénonce le désengagement de l’État

Le Collectif national des associations d’obèses (CNAO) partage cette opinion. « La reprise de poids est inexorable, si le patient n’est pas pris en charge par une équipe pluridisciplinaire empathique, cela peut devenir catastrophique », explique Anne-Sophie Joly, présidente du collectif. Elle dénonce par ailleurs, un désengagement du gouvernement sur cette thématique et pointe l’arrêt de financement des 37 centres de référence initiés dans le cadre du Plan obésité

VCD, avec l'APM