Les aliments bios seraient plus riches en polyphénols

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Flavanones, flavonols, anthocyanes : de nombreux antioxydants, dont les effets bénéfiques sur la santé ont été démontrés, auraient une concentration plus importante dans les produits d’origine biologique que dans ceux issus d’une agriculture conventionnelle, d’après les résultats d’une méta-analyse co-réalisée par une équipe de chercheurs de l’Inra et de l’université de Newcastle et publiée dans le British Journal of Nutrition. Leur concentration serait augmentée jusqu’à 69 %.

La communauté scientifique est divisée sur l’existence de différences nutritionnelles entre les aliments biologiques et conventionnels, et deux études récentes ont conclu qu'il n'y avait pas de distinction. Les auteurs de cette méta-analyse parue dans le British Journal of Nutrition ont analysé 343 publications étudiant les caractéristiques des aliments biologiques et conventionnels (fruits et légumes, céréales, herbes et épices et graines oléagineuses) et concluent à l’inverse qu’il existe des différences statistiquement significatives. Plus loin, les chercheurs ajoutent que les concentrations en certains antioxydants étaient sensiblement plus élevées. Ainsi, acides phénoliques, flavanones, stilbènes, flavones, flavonols et anthocyanes présentaient des concentrations plus élevées de 19 %, 69 %, 28 %, 26 %, 50 % et 51 %, respectivement. « La plupart de ces composés ont été associés à une réduction du risque de maladies chroniques, notamment de maladies cardiovasculaires ou neurodégénératives et de certains cancers », précisent les auteurs.

En outre, les auteurs ont noté que la présence de résidus de pesticides était quatre fois plus élevée dans les cultures classiques que dans les systèmes biologiques. Cadmium et métaux toxiques étaient aussi sensiblement plus fréquents. Pour expliquer ces résultats, les chercheurs rappellent que « des concentrations plus élevées en antioxydants et de plus faibles concentrations en cadmium sont associés à des pratiques agronomiques spécifiques (par exemple l’exclusion d’engrais azotés minéraux et d’engrais phosphatés, respectivement) prescrites dans les systèmes d'agriculture biologique ».

Source : Baranski M, et al. Br J Nutr. 2014 ; 112 : 794-811.