Un risque accru de diabète de type 2 pour les femmes du groupe B

épidémiologie

Les femmes de groupe sanguin « O » ont un moindre risque de développer un diabète de type 2, selon une étude épidémiologique réalisée par une équipe de l’Inserm et publiée dans Diabetologia. Le risque de souffrir d’un diabète de type 2 varierait également parmi les autres groupes sanguins, les plus à risque étant les femmes du groupe B.

82 104 Françaises de la cohorte E3N ont été suivies pendant 18 ans, entre 1990 et 2008. Comme les autres volontaires de cette cohorte, les participantes sont nées entre 1925 et 1950. Tous les deux à trois ans,  elles ont été interrogées, par le biais d’un auto-questionnaire, sur leur mode de vie (alimentation, prise de traitements hormonaux…) et sur l’évolution de leur état de santé. Ces données ont permis d’étudier différents facteurs de risque de développer une pathologie, notamment le diabète de type 2.

Les auteurs ont ainsi noté que les femmes porteuses du groupe A présentaient un risque accru de développer un diabète de type 2 de 10 % par rapport aux femmes du groupe O.  Le risque serait accrue de 17 % pour le groupe AB et de 21 % pour le groupe B en comparaison au groupe O. Le rhésus aurait également un impact négatif : les plus à risque appartenant au groupe B+. Les femmes appartenant au groupe O- (seuls 6 % de la population) seraient les plus préservées, leur risque serait encore plus faible parmi les personnes du groupe O.

Pour expliquer ce phénomène, les auteurs avancent deux hypothèses. Selon la première, la plus faible quantité de marqueurs endothéliaux et de l’inflammation chez les porteurs du groupe 0 pourraient être en cause. Des études antérieures ont en effet déjà associées ces marqueurs à un risque accru de diabète de type 2. Autre piste : la composition du microbiote. Le groupe ABO aurait déjà été identifié comme étant un des facteurs génétiquement déterminés modifiant la composition du microbiote intestinal, qui à son tour joue un rôle dans le métabolisme du glucose, la balance énergétique ainsi que l’inflammation chronique.

« Malgré la robustesse de nos données, il est nécessaire de répliquer cette études dans d’autres grandes populations, en particulier avec d’autres patrimoines génétiques, chez les hommes, même si les mécanismes proposés ne sont pas dépendants du sexe », précise Guy Fagherazzi, premier auteur de l’étude.

Sources : communiqué, Inserm.
Fagherazzi G, et al. ABO and rhesus blood groups and risk of type 2 diabetes: evidence from the large E3N cohort study. Diabetologia 2014.

PS