Vers une consommation collaborative ?

ÉCONOMIE

© Geraint Rowland - flickr

Depuis sept ans, la crise économique a fait naître de nouveaux modes de consommations. Consommation plus mesurée, achats d’occasion ou services collaboratifs : de nouvelles tendances se dessinent. Le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) fait le point dans Les Cahiers de la Consommation.

Plus 0,4 % en 2014 et plus 1 % en 2015 : la reprise de la consommation française reste faible. « Dans un contexte économique encore peu porteur (taux de chômage toujours élevé, inflexion des prestations sociales, climat quasi déflationniste...), les comportements de précaution demeureront (recours au crédit limité, désir d’épargne important) et la consommation restera encore la variable d’ajustement », révèle le Crédoc dans les derniers Cahiers de la consommation, réalisés en collaboration avec PAIR Conseil. Ainsi, la croissance moyenne de la consommation des ménages en volume aurait chuté, passant de 2,1% sur la période 2000-2007 à 0,4 % sur 2008-2013. Pire, la croissance de cette consommation aurait même été négative si l’on tient compte de la démographie. Le Crédoc prévoit néanmoins une légère reprise en 2015, avec une croissance moyenne de consommation des ménages en volume à 0,8 %.

Face à cette crise, de nouvelles tendances se dessinent. En 2014, « près de la moitié des consommateurs ont eu une pratique de consommation collaborative », révèle l’organisme. Et la distribution des différents modes de consommation évolue. Dans une logique d’arbitrage, les personnes connaissant de fortes contraintes budgétaires (18 % de la population) acceptent de rogner sur la qualité des produits en achetant d’occasion ou sur la quantité de certaines denrées, comme la viande, afin d’acheter neuf sur d’autres secteurs. Par ailleurs, le Crédoc révèle que les pratiques collaboratives sont en hausse entre 2013 et 2014. « Parmi les livres acquis depuis 6 mois, 22 % ont été achetés d’occasion en 2014 contre seulement 15 % en 2013, 3 % ont été loués et 23 % empruntés. Seulement la moitié des livres acquis en 2014 ont été achetés neufs. » Selon le Crédoc, cette diffusion rapide de la pratique des ventes de particuliers à particuliers traduit également une recherche de partage, caractéristique des jeunes générations, et une réponse aux aspirations écologiques.

Source : Crédoc, PAIR Conseil. Cahiers de la consommation.

VCD