L’agriculture familiale en première ligne pour éradiquer la faim

politique agricole mondiale

© Andy Siitonen - flickr

Le rapport La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture 2014 de l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) mise sur le demi-milliard d’exploitations agricoles familiales pour améliorer la sécurité alimentaire mondiale.

Neuf exploitations agricoles sur dix sont gérées par des familles. Environ 80 % des denrées alimentaires mondiales sont produites par ce type d’exploitations. Cette agriculture familiale est également la « gardienne » d'environ 75 % des ressources agricoles mondiales. Selon le rapport de la FAO diffusé mi-octobre, l’agriculture familiale est à la fois essentielle à la durabilité écologique et la conservation des ressources naturelles mais également vulnérable à l'impact de l'épuisement de ces mêmes ressources et aux effets pervers du changement climatique. Ainsi, « les exploitations agricoles familiales sont confrontées à trois défis : accroître leur production pour couvrir les besoins du monde en termes de sécurité alimentaire et de nutrition ; assurer la durabilité de l'environnement pour protéger la planète et maintenir leurs propres capacités productives ; et améliorer leur productivité tout en diversifiant les moyens d'existence pour échapper à la faim et à la pauvreté ». Pour relever ces défis, les exploitations agricoles doivent s'ouvrir à l'innovation, selon le rapport qui invite le secteur public, en concertation avec les agriculteurs, les organisations de la société civile et le secteur privé, à améliorer les systèmes d'innovation dans l'agriculture. Dans cette perspective, tous les acteurs et institutions concernés devraient aider les agriculteurs à élaborer et adopter des méthodes de travail plus adaptées à la complexité grandissante du monde d'aujourd'hui.

Pour les auteurs, la capacité d'innovation doit être encouragée à tous les niveaux : des décideurs aux chercheurs, en passant par les prestataires de services de conseil ou encore l'éducation. Le rapport préconise des investissements publics accrus dans la recherche et les services de conseil et de vulgarisation – lesquels devraient être plus participatifs lors de leur conception – afin de mettre en valeur l'intensification durable et combler les écarts de productivité de la main-d'œuvre qui caractérisent le secteur agricole dans beaucoup de pays en développement.

En outre, le rapport indique que si le rendement des exploitations familiales est plus élevé par hectare, elles produisent moins par travailleur. « Cela perpétue la pauvreté et entrave le développement », indique le rapport rappelant qu’une grande part de la production alimentaire mondiale est fournie par le travail d’une main-d'œuvre non rémunérée constituée par les membres d'une même famille. Le rapport de la FAO souligne qu'il est impératif de stimuler la production par travailleur, plus particulièrement dans les pays à faible revenu, afin d'améliorer les revenus agricoles et répandre le bien-être économique en milieu rural.

Source : La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture 2014.

PS