Faut-il revoir les tests d’obésité actuels ?

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© Thierry Ehrmann - Flickr.com

Maintenir son tour de taille inférieur à la moitié de sa taille permettrait d’améliorer considérablement son espérance de vie, selon les résultats d’une étude de la Cass Business School et d’Ashwell Associates. Les auteurs enjoignent les professionnels à favoriser cette mesure – tour de taille divisé par la hauteur – plutôt que l'IMC dans les dépistages primaires de santé publique.

Dans ce travail, les chercheurs ont comparé l'impact de l'obésité abdominale (mesurée par le ratio WHtR tour de taille/taille) et de l'obésité globale (mesurée par l'IMC) sur l'espérance de vie. Des données britanniques recueillis pendant 20 ans auprès de femmes et d’hommes et non fumeurs ont ainsi été analysées et ont permis de montrer que le lien entre le WHtR et le taux de mortalité est bien plus étroit que celui existant entre l'IMC et le taux de mortalité.

Afin d’imager et d’expliquer ces résultats, les auteurs ont cité l’exemple des deux acteurs Arnold Schwarzenegger et Danny De Vito, qui présentent tous deux un IMC à 34. Si l'IMC est utilisé comme mesure de l'obésité, la perte en espérance de vie atteint 3,6 années. En utilisant la mesure du tour de taille en revanche, ils estiment qu'Arnold Schwarzenegger, ayant un niveau de WHtR optimal de 0,48, ne risque pas de perdre d'années de vie, tandis que Danny De Vito, avec un WHtR de 0,71, pourrait perdre 5,8 années de vie.

Le Dr Margaret Ashwell, présidente d'Ashwell Associates, explique : « L'IMC mesure la graisse et le muscle, il est donc élevé chez les personnes musclées et ne peut fournir aucune information concernant la masse graisseuse. En revanche, le WHtR est un meilleur indicateur pour la graisse abdominale, qui engendre des risques plus importants pour la santé que la graisse stockée dans d'autres parties du corps ». Elle indique que la valeur limite de 0,5 a été proposée pour tous les individus de tous pays, quel que soit leur groupe ethnique. Une valeur limite également applicable aux enfants.

Pour le Dr Margret Ashwell, coauteur de l'étude, un homme moyen de 30 ans mesurant 1,78 mètre devrait avoir un tour de taille de 89 centimètres au maximum. Ces chiffres le placeraient dans la catégorie des personnes saines. Si son tour de taille augmentait pour atteindre 107 centimètres ou 60 % de sa taille, il risquerait de perdre 1,7 année de vie, et s'il atteignait 142 centimètres, il pourrait mourir 20,2 années plus tôt. Une femme de 30 ans en moyenne et mesurant 1,62 mètre risque de décéder 1,4 an plus tôt si elle laisse son tour de taille augmenter de la moitié de sa taille, soit 81 centimètres, pour atteindre 60 % de sa hauteur, soit 97 centimètres. Si son tour de taille atteignait 129 centimètres, elle pourrait mourir 10,6 années plus tôt.

Le professeur Les Mayhew de la Cass Business School précise : « Il est désormais clairement prouvé que la politique gouvernementale devrait mettre davantage l'accent sur le WHtR comme outil de dépistage (…) afin d'identifier les personnes souffrant d'obésité abdominale et de s'assurer que les ressources sont concentrées sur les individus les plus à risque. » Les chercheurs de la Cass Business School et d'Ashwell Associates exhortent ainsi les politiques à remplacer l’IMC par cette mesure – tour de taille divisé par la hauteur – dans le cadre du dépistage primaire de santé publique.

La rédaction