L’Académie de médecine se prononce pour un maintien du remboursement du dosage de la vitamine D dans certains cas

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Crédit photo : © Deco-Fernandes-Flickr

Dans un communiqué de presse, l’Académie de médecine demande aux pouvoirs publics de revenir sur leur décision de ne plus rembourser le dosage de la vitamine D (25 OH-D) sérique dans toutes les situations où une carence serait susceptible d’entraîner des conséquences dommageables et dans celles où un bilan complet du métabolisme phosphocalcique permettrait d’éclaircir une situation clinique complexe.

« Le dosage de 25 OH-D sérique, un métabolite de la vitamine D, qui permet d’apprécier les carences ou les surcharges en cette vitamine, n’est pas nécessaire chez le sujet sain, quel que soit son âge, lorsqu’il mène une vie normale. De même, ce dosage n’a aucune indication dans un grand nombre de situations cliniques », rappelle l’Institution. Un apport de vitamine D chez le sujet normal, ne nécessite en effet aucun dosage préalable, le risque d’effets toxiques aux doses recommandées (jusqu’à 4 000 UI/jour) étant nul.

L’Académie recommande donc « de ne plus rembourser les examens en routine mais ne pas pénaliser la recherche des vraies carences ».

Des dosages excessifs

De 2005 à 2012, la demande de dosages de vitamine D sérique a décuplé, avec 8 millions d'examens remboursés pour un montant de 144 millions d'euros [1]. C'est pourquoi la Haute autorité de santé (HAS) a mis fin à l'inflation de demandes de ces dosages en préconisant leur déremboursement partiel [2].

Les membres de l’Académie de Médecine en charge de ce dossier préviennent toutefois : « Si les indications du dosage sérique de la 25 OH-D doivent être soigneusement pesées, elles nous paraissent plus étendues que celles retenues par la HAS, à savoir le rachitisme et l’ostéomalacie, un âge avancé associé à des chutes répétées, les suites de la transplantation rénale au-delà de 3 mois et les suites du traitement chirurgical de l’obésité (chirurgie bariatrique). » Ils rappellent aussi que « le prix de remboursement du dosage a nettement diminué passant de 24,30 euros (c'est-à-dire B90) à 11,34 euros (B42). »

Aussi, ils préconisent de conserver le remboursement des dosages de vitamine D dans plusieurs circonstances bien identifiées : pour « dépister une carence susceptible d’entraîner des conséquences dommageables » et lorsqu’il « parait nécessaire d’effectuer un bilan complet du métabolisme phosphocalcique pour mieux analyser une situation complexe. »

Et les académiciens de préciser : « Il s’agit essentiellement de toutes les situations de fragilité osseuse incluant le rachitisme chez l’enfant, l’ostéomalacie et l’ostéoporose chez l’adulte, mais aussi les maladies ou la surveillance des traitements (glucocorticoïdes, par exemple) pouvant induire un risque de fracture. Ce dosage est également très utile chez les patients atteints d’insuffisance rénale chronique, qu’ils soient dialysés ou non, ainsi que dans toute situation de malabsorption intestinale. Le dosage reste utile pour une interprétation correcte des troubles du métabolisme phospho-calcique, à côté de la mesure de l’hormone parathyroïdienne et garde un intérêt certain chez des patients dont l’état clinique peut évoquer une surcharge en vitamine D (coliques néphrétiques à répétition, néphrocalcinose). »

[1] – La biologie médicale. Communication à la Commission des Affaires sociales du Sénat Article 10.132-3-1 du code des juridictions financières Juillet 2013. In : www.senat.fr

[2] – La HAS ne reconnaît pas d’utilité au dosage de vitamine D en routine. Communiqué de presse du 30 octobre 2013. In : www.has-sante.fr

Emilie Cler